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PEY-BERLAND
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Pey Berland naquit à Saint-Raphaël sur le territoire d'Avensan en 1375. Le père du jeune Pey (Pierre en Gascon) était propriétaire cultivateur, relativement aisé, car possédant des terres héréditaires exemptées de taxes. En effet, depuis le divorce d'Aliénor d'Aquitaine d'avec le Roi de France Henri VII, et son remariage avec Henri II d'Angleterre en 1152, le Duché d'Aquitaine était une enclave anglaise dans le Royaume de France. Des liens économiques, politiques et sentimentaux s'étaient tissés entre Bordeaux et l'Angleterre. Le Duché possédait des privilèges importants en particulier pour le négoce des vins, ce qui explique l'accroissement du vignoble et l'importance des flottes anglaises ou bordelaises. Les Berland vivaient donc librement, ayant des biens à Avensan, Moulis et Castelnau ; ils possédaient des troupeaux de moutons, des ruches à miel, des forêts de pins. Pey né d'un second mariage, arrive au monde le 15 Juillet 1375. Il passe son enfance dans la campagne comme tous les bergers. Il apprend à lire et reçoit quelques rudiments de latin et d'histoire auprès de Raimond de Bruges, patriarche cultivé. Il veut devenir prêtre. Ses parents reconnaissant de réelles dispositions pour sa vocation, lui permettent d'aller poursuivre ses études à Bordeaux. Il entre à l'école de l'Archevêché de 1392 à 1396 et suit les cours de lettres classiques, de grammaire, de rhétorique, de chant et de liturgie. Mais Bordeaux n'était plus une ville savante. Depuis plusieurs années les écoles avaient disparu et c'est à peine si au fond des Cloîtres, quelques vieux religieux, dit Ravenez, "cultivaient encore la langue de Virgile et d'Homère". Il se rend donc à Toulouse en 1396 et continue ses études de théologie et de droit jusqu'en 1399. |
| Il reçoit les diplômes de bachelier en droit civil et en droit canonique et rentre à Bordeaux où il est ordonné prêtre des mains de son Archevêque, François Hugoccioni. Il se fait vite remarquer par ses qualités et l'Archevêque le prend à son service comme secrétaire. Tous deux se rendent à Pise (concile en 1409), à Paris et à Londres. Pey Berland devient Chanoine de la Cathédrale Saint André en 1410. En 1412, François Hugoccioni meurt à Florence et David de Montferrand est élu Archevêque de Bordeaux. Pey-Berland s'occupe des obsèques de son ami, puis entreprend un pélerinage en Terre Sainte. A son retour, il est nommé Curé de Bouliac, canton rural qui englobe deux autres paroisses, Lormont et Quinsac. Il restaure l'église romane en ruines, fait construire l'église du Vieux Lormont ; il dirigera le diocèse jusqu'en 1430, date à laquelle il est élu Archevêque de Bordeaux à la mort de David de Montferrand. Il reçoit des mains du Pape Martin V la consécration épiscopale à Rome le jour de Noël 1430. C'est dans cette fonction qu'il fait paraître toutes les qualités de son âme. Il s'emploie à soulager les misères de cette époque troublée par les guerres et les épidémies, distribue des aumônes, accueille les indigents, fonde des hôpitaux, sert de négociateur entre le Roi d'Angleterre et les seigneurs d'Aquitaine. Sa bonté est immense, il se sanctifie toute sa vie durant, et s'attache avec passion à la construction et à la réparation des Eglises. Il consacre notamment l'autel de la Chapelle Notre Dame de la Rose dans l'Eglise Saint Seurin de Bordeaux. Mais surtout, il fait bâtir en 1440, au chevet de la Cathédrale, la tour qui porte son nom, donnant ainsi du travail aux gens sans emploi. Un témoin déclare que Pey-Berland répondait avec douceur aux injures qui pouvaient lui être adressées. "Spécialement et expressément, un certain jour de Noël, il dit, qu'un sieur visiteur enleva de la Maison Archiépiscopale, les plats, les écuelles, les assiettes d'étain, tant et si bien qu'il n'y en eut pas ce jour là pour le service du Prélat. Mais Pey-Berlant manda, à tous ses serviteurs et à ses familiers de ne rien découvrir, de ne rien dire à personne, de ne faire aucune démarche pour rentrer dans la possession des objets dérobés, quoi qu'on les eut trouvés dans la possession des Maîtres-Fondeurs d'étain. Il fit acheter de nouveaux ustensiles, pardonna tout au voleur, et le congédia discrètement et secrètement de peur de le perdre de réputation. Plus tard, il le reçut à nouveau, et l'admit au Sacerdoce. Le témoin (si bien renseigné !) ajouta qu'il était présent lors de l'affaire ; qu'il prêta ses plats et écuelles au Seigneur Pey-Berland et que le lendemain, c'est lui-même qui acheta, par ordre du Prélat, de nouveaux plats, des écuelles et des assiettes". Jusqu'alors il n'y avait eu à Bordeaux que des écoles isolées où l'on enseignait l'étude des lois et de la médecine ; ces écoles étaient insuffisantes et la jeunesse studieuse se voyait obligée d'aller à Toulouse, comme Pey-Berland l'avait fait lui-même. Soutenu par le Maire de Bordeaux et les notables de la ville, il sollicite auprès du Pape Eugène IV, la fondation d'une Université à Bordeaux. La conclusion est favorable et une bulle du 7 Juin 1441 concède à Bordeaux un "Stadium Générale" avec pouvoir de décerner le baccalauréat, la licence, le doctorat. L'Université s'installe dans le couvent des Grands Carmes à l'entrée du Cours Victor Hugo. Il crée un collège pour former des hommes d'Eglise, tout près de la Cathédrale, collège qu'il appelle Saint Raphaël (souvenir de son enfance médocaine). Ce collège se situait à l'emplacement de l'actuel Hôpital Saint André. Cependant la guerre s'était rallumée et Pey-Berland organise la résistance. Bordeaux fut enclercé et doit se rendre à l'armée française conduite par le Connétable Jean Dunnois et son compagnon Jean Poton, sire de Xaintrailles, le 30 Juin 1451. Contre le serment de fidélité à Charles VII, il est permis aux Bordelais de garder leur liberté et leurs avantages. Mais les Français se montrent très durs envers les Bordelais et décrètent une levée d'impôts. Alors on demande aux Anglais de revenir et le vieux général anglais John Talbot débarque sur la côte médocaine. Le combat reprend et le pays est mis à feu et à sang. Talbot veut dégager Castillon assiégé, mais les troupes françaises, fortes de leur artillerie, massacrent les Anglais dans la plaine de Castillon le 17 Juillet 1453, date qui marque la fin de la Guerre de Cent Ans. Bordeaux capitule trois mois après. L'Aquitaine est désormais française. Pey-Berland démissionne en 1456, âgé de 81 ans et se retire au Collège Saint Raphaël. En 1458 il est atteint d'une pleurésie et meurt le 17 Janvier. Il est inhumé dans un caveau creusé entre deux piliers du choeur de la Cathédrale Saint André de Bordeaux. De son vivant, en 1447, Pey-Berland fit transformer sa maison natale en chapelle et fit construire à côté une maison presbytérale. La chapelle est précédée d'un porche vaste (8m sur 6m) où les pélerins pouvaient faire halte et la foule suivre l'office à l'abri du vent et de la pluie. La chapelle elle-même mesure 20 m de long sur 8 m de large, le sol est pavé de carreaux de brique rouge. La Commune, sous la responsabilité de la D.R.A.C. et des Bâtiments de France, a entrepris en 1994 la restauration extérieure de la Chapelle et de la maison presbytérale. Cette Chapelle est entourée d'un airial de 12 ha.
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