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Le retour du gemmage en Aquitaine

Depuis 1990, plus personne ne récolte la résine des pins maritimes en Aquitaine. Pourtant l’essence de térébenthine et la colophane, qui en sont issues, ont de nombreux débouchés.
Actuellement nous « importons » 60 millions de litres de résine. L'essence de térébenthine (20%), liquide volatil rentre dans la confection de nombreux produits solvants, d'entretien (cirages, cires et encaustiques), peintures, vernis, produits de synthèse ( parfums, désinfectants, désodorisants, celluloïd, films, produits pour laboratoires pharmaceutiques, textiles...)
La colophane (70%), partie solide, plus ou moins brune est utilisée dans les peintures, vernis, savons, colles, graisses industrielles, des encres, linoléums, isolants électriques, pneumatiques synthétiques, émulsions routières, adhésifs...



Mais la concurrence chinoise et sa main-d’œuvre à bas coût ont fait disparaître cette pratique ancestrale en France.
La résine est une substance visqueuse et un combustible produit par des arbres résineux tels les sapins, épicéas et pins, dont en particulier le pin maritime.
Cette résine est aussi appelée la GEMME et l'opération qui consistait à extraire cette substance s'appelle le GEMMAGE. L'ouvrier spécialisé qui procédait à l'extraction et la cueillette s'appelle indifféremment, un GEMMEUR ou un RESINIER. Depuis l'antiquité et jusqu'au XVIIIème siècle la principale ressource du pin maritime n'était pas le bois lui-même, mais ses sous produits : la résine et le goudron. Il faut arriver à la construction de routes agricoles et du chemin de fer dans les Landes (sous Napoléon III), pour valoriser le bois proprement dit.
Au début de notre siècle, quelque 20 000 gemmeurs à temps partiel ou complet récoltaient la résine sur l'ensemble du massif. La production en constante régression depuis est passée de 178 000 000 litres en 1920 à 0 litre en 1993.

Cette chute est, en partie, due aux grands incendies des années 1937 à 1949, mais surtout à des causes multiples, parfois simultanées à savoir : travail pénible et solitaire, rémunération insuffisante, incertitude pour l'avenir. Le facteur le plus marquant est l'importation à coût très inférieur de pays producteurs à main d'oeuvre bon marché, tels le Portugal, l'Espagne, la Grèce et surtout la Chine.







Aujourd’hui, la donne a changé. La Chine, leader mondial de la récolte de la résine de pin, a vu sa production passer de 700 000 à 450 000 tonnes entre 2011 et 2012. Les raisons sont multiples et structurelles. Conscient d’avoir surexploité ses forêts, le pays réserve une part croissante de sa production à son marché intérieur. Et surtout, du fait de l’augmentation des salaires dans l’industrie et de la pénibilité de ce travail, il est de plus en plus difficile de trouver des gemmeurs.

Or, la demande mondiale ne cesse d’augmenter et va s’accroître. La résine de pin pourrait remplacer bon nombre de composants issus du pétrole. Résultat, les prix ont grimpé de 240 % en Chine depuis juin 2009. La tonne de colophane se vend désormais aux alentours de 3 000 dollars.



En 2011, Sust-Forest, un projet de coopération transrégionale a donc été lancé pour évaluer l’intérêt de relancer le gemmage en France, en Espagne et au Portugal. « Il existe aujourd’hui une place sur le marché pour la colophane et l’essence de térébenthine, extraites de la résine de pins européens », conclut le rapport. Pour les industriels, il y a urgence. L’Europe consomme chaque année 308 000 tonnes de colophane, soit 21 % de la demande mondiale et un tiers de ses importations viennent de Chine.

sustforest

Plusieurs fois, des projets de relance ont échoué, faute de rentabilité. Mais, de nouvelles machines viennent d’être inventées, permettant de mécaniser l’extraction de la résine de pin, sans abîmer l’arbre. Ce qui diminue la pénibilité du travail, tout en améliorant la productivité.

Aujourd’hui, la France importe pour 140 millions d’euros de colophane et autres dérivés de résine de pin. « Le gemmage industrialisé pourrait créer plusieurs milliers d’emplois directs et indirects dans le pays », estime José Alcorta, coordinateur pour la France du projet Sust-Forest et gérant de Rescoll, société bordelaise de recherche dans les colles et matériaux composites.

Claude Courau, un ancien gemmeur girondin, se veut plus prudent. Selon lui, il y a un créneau, mais en misant sur la qualité. Car « la résine aquitaine est l’une des meilleures du monde », assure-t-il.
Claude Courau ne s'est jamais résolu au déclin du gemmage en Aquitaine. Il a inventé un procédé qu'il propose depuis vingt ans : une méthode en vase clos qui permet de recueillir une résine d'excellente qualité en la préservant des éléments extérieurs....



Voici le lien permettant de visionner le reportage de France 3 Aquitaine consacré au gemmage:

le gemmage

Reportage du 13h de TF1 du 12 août 2014 sur la relance du gemmage au Porge

le gemmage dans la foret du Porge


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