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La forêt des Landes de Gascogne

Contrairement aux idées reçues, la forêt des Landes est millénaire et d'origine naturelle. Certaines zones du littoral gascon étaient déjà boisées il y a deux mille ans et occupaient près de 200 000 ha. On retrouvait ces massifs à proximité de Lacanau, Arcachon, La Teste de Buch, Biscarrosse et en Marensin (petit territoire côtier des Landes de Gascogne, dans la moitié sud du département). Les premières techniques de gemmage ont été mises au point dans ces forêts, très semblables à celles que l'on connait aujourd'hui, où le pin maritime, espèce endémique, était l'essence largement majoritaire.



Cependant, la plus grande partie de la zone aujourd'hui occupée par la forêt des Landes était marécageuse et très faiblement habitée jusqu'au XIXème siècle. C'est cette période de l'histoire locale dont des traces sont conservées dans la mémoire locale par des personnages comme le berger landais perché sur ses échasses.



Le système agro-pastoral permettait de tirer un maigre profit des terres incultes de la lande et fut pratiqué jusqu'à l'extension massive des massifs existant. Après plusieurs essais infructueux de valorisation alternative des terres, c'est finalement le pin maritime qui colonisera tout le plateau landais. Rien d'étonnant à cela, puisqu'il était déjà présent et parfaitement adapté en certaines régions.

La naissance de la forêt des Landes est due à plusieurs facteurs qui ont émergé à la même époque, durant le XIXème siècle. Le premier est la volonté de fixer les dunes mobiles du littoral qui menaçaient les villages.
Le littoral aquitain présente des dunes sableuses sur environ 200 km de côte. Jusqu’à ce que les dunes mobiles soient fixées, le vent entraînait régulièrement de grandes quantités de sable à l’intérieur des terres. De nombreux villages ont ainsi dû être déplacés ou reconstruits. Entre le Moyen Âge et le milieu du XIXème siècle, plusieurs documents font état de villages engloutis, d’églises déplacées ou ensevelies. Un exemple célèbre est l'ensevelissement de l'église de Soulac. En 1741, le combat contre les éléments s'annonce comme trop inégal et les habitants doivent se résoudre à évacuer le village, lequel est abandonné aux sables. Un nouveau village est édifié quelques kilomètres plus à l'est, le « Jeune-Soulac ».

On peut citer parmi les précurseurs de cette fixation les Captaux de la famille de Ruat, qui ont mené des essais concluants à La Teste de Buch à la fin du XVIIIème siècle, mais l'argent fit rapidement défaut à ces petits seigneurs locaux qui ne purent étendre leur système de fixation à l'ensemble du territoire. L'ingénieur des Ponts et Chaussées Brémontier prit connaissance des travaux entrepris sur la côte, qu'il reprit à son compte.


Dune du Pyla

La dune la plus connue est la dune du Pyla qui s'étend sur 500 mètres d'est en ouest et sur 3 kilomètres du nord au sud, à proximité du bassin d'Arcachon et contient environ 60 millions de mètres cubes de sable, pour une hauteur de 114 m qui en fait la dune la plus haute d'Europe. Elle se situe sur le territoire de la commune française de La Teste-de-Buch, à proximité d'Arcachon (Gironde), au cœur des Landes de Gascogne. Elle culmine actuellement à 114 mètres au-dessus du niveau de la mer, même s'il semble qu'elle s'affaisse légèrement au fil des ans.

Fort de son influence à Paris, Brémontier sut convaincre le gouvernement de la nécessité de planter des pins maritime dans le désert landais. Finalement, la loi du 19 juin 1857 a sonné le glas du système agro-pastoral et donnera naissance à la grande forêt des Landes que nous connaissons aujourd'hui. Cette loi vise à assécher les vastes zones humides marécageuses présentes sur la majeure partie du territoire et à les mettre en exploitation. Elle marque le début de l'extension de la forêt des Landes, conduisant à la généralisation du procédé de gemmage dans la région, mais aussi la fin du système agro-pastoral traditionnel et la disparition du berger landais.


Nicolas Brémontier

Parallèlement, la plantation de pins maritimes dans l'intérieur des terres était indispensable pour assainir les marécages et améliorer les conditions d'hygiène.
La première génération de pins de la seconde moitié du XIXème siècle est arrivée à maturité au début du XXème siècle. Le procédé de gemmage s'est étendu à toute la Gascogne landaise et s'est modernisé et industrialisé. On exploite désormais des milliers d'hectares de pins pour extraire "l'or blanc" des Landes de Gascogne, servant à produire de l'essence de térébenthine et de la colophane.
La résine circule dans les canaux résinogènes, qui se trouvent sur le pourtour de l’arbre. Elle sert à la cicatrisation lorsque le pin est entaillé, un peu comme les plaquettes dans le corps humain. Elle est composée à 70 % de colophane (ou arcanson en gascon, qui est à l’origine du nom de la ville d’Arcachon), 20 % d’essence de térébenthine et 10 % d’eau.
L'invention du gemmage remonte à l'époque gallo-romaine, mais le procédé se généralisa dans les landes de Gascogne à partir du milieu du XIXème siècle avec la fin du système agro-pastoral et le boisement massif de la plaine sableuse des Landes.



On distingue couramment le gemmage à vie, modéré qui permet la croissance de l'arbre, du gemmage à mort qui l'épuise en quelques années avant son abattage.
Le gemmage est une activité très caractéristique de l'exploitation traditionnelle de la forêt de pin des Landes. On retrouve également la pratique du gemmage dans une moindre mesure, en Provence durant le XXème siècle.

Les Romains exploitaient déjà la résine, notamment pour le calfatage des bateaux. La pratique connue la plus ancienne est celle du gemmage au « cròt » (trou en Gascon).
Pour récolter la résine, les anciens gemmeurs creusaient un trou au pied du pin, en général entre les racines, qu’ils tapissaient de mousse. Ils réalisaient ensuite une incision dans l’arbre appelée care avec le hapchòt (hache en gascon, ayant l’extrémité recourbée). De cette blessure coule la résine qui sera récoltée trois à quatre fois par an. Il fallait régulièrement reprendre l’incision, car l’arbre cicatrise rapidement. La care pouvait ainsi s’élever jusqu'à 4 m. À cette hauteur, les résiniers utilisaient le pitèir, sorte d’échelle à un seul montant qui nécessitait un bon sens de l’équilibre ! Vers la fin de la saison (au mois de novembre), on grattait la care pour récupérer la résine cristallisée. Cette méthode n’était pas vraiment optimale car la résine obtenue contenait beaucoup d’impuretés (sable et brindilles) et l'essence de térébenthine s’évaporait lorsque la résine coulait le long de la care.



Pierre Hugues, avocat et agriculteur bordelais breveta vers 1840 un nouveau système pour récolter la résine qu'il mit au point à Pessac. Une partie seulement de son procédé, quelque peu compliqué, sera reprise : l’utilisation d’un pot en terre cuite coincé entre une lamelle de zinc et un clou au bas de la care pour récolter la résine. Ce pot était dit ascensionnel car il suivait chaque année la montée de la care. Le principal avantage était que la résine récoltée contenait moins d’impuretés. C’est ainsi que durant la deuxième moitié du XIXème siècle ce procédé se généralisa. Le hapchot aussi évolua, la lame devint plus étroite et son tranchant était orthogonal à l’axe du manche, par opposition à la hache traditionnelle, où le tranchant est parallèle.



Mais cette forêt a été plantée au coup par coup, sans cohérence globale à l'échelle du territoire. Les pièces de pins sont immenses, très denses et les arbres répartis de façon aléatoire. Fatalement, le feu a détruit la forêt landaise au milieu du XXèmesiècle. Un des exemples les plus célèbres est l'incendie d'août 1949 qui a dévasté des milliers d'hectares entre Bordeaux et Arcachon.
Du 19 au 25 août 1949, le massif forestier des Landes de Gascogne a été victime d'un grand feu de forêt qui a ravagé 50 000 ha et entraîné le décès de 82 personnes. Les communes touchées sont Cestas, Saucats, Marcheprime et Mios, en Gironde.
Le feu de forêt de 1949 a été l'incendie le plus meurtrier qu'ait connu la France. Il a fait 82 vicitimes (des pompiers, des bénévoles et 23 militaires du 33ème régiment d'artillerie de Châtellerault.



En 1950, près de 50% de la forêt a disparu en fumée. Aussitôt replantée, la seconde génération de plantations sera bien différente de la première. Les plantations sont rationalisées, les pins sont plantés en ligne et de grands pare-feux permettent d'éviter la propagation du feu d'une parcelle à l'autre et d'accéder au cœur des pièces de pins en cas d'incendie. La forêt prend le visage qu'on lui connait aujourd'hui sur le plateau landais. Parallèlement le gemmage disparaît peu à peu, face à la concurrence des pays où la main d'œuvre est moins chère et surtout à la concurrence des produits pétrolier qui se substituent à la colophane et à l'essence de térébenthine. En 1990, le gemmage disparaît définitivement de la forêt des Landes, après plus de 2 000 ans d'existence. La forêt landaise a désormais une vocation uniquement papetière. Les grands sites de transformation du bois sont à Facture, Mimizan et Tartas.

Source Wikipédia

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