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Bassin versant

HYDROGRAPHIE

La nature du sol est dominée sur les terrasses de la Garonne par des matériaux tels que calcaires et marnes et sur le début du plateau landais médocain par des argiles auxquelles viennent se mêler des sables et des graves.

Le relief a favorisé la mise en place d'un réseau hydrographique dense, s'écoulant selon un axe Sud-Ouest / Nord-Est perpendiculairement à la Gironde.


La plus grande partie d'Avensan se situe dans l'aire du bassin versant de la Jalle de Castelnau qui prend le nom de Jalle de Tiquetorte à Barreau, puis Estey du Tayac à Soussans.


La Jalle de Castelnau s'écoule sur environ 20 km et draine un bassin versant de 166 km2. Elle présente une diversité piscicole importante puisqu'il a été dénombré jusqu'à quatorze espèces de poissons différents : carpes, carassins, carrelets, mules, perches arc en ciel, barbeaux, brochets, anguilles, lamproies....


Elle reçoit deux autres ruisseaux qui constituent les limites communales Ouest et Est d'Avensan, le Déhès et la Louise.


Le Déhès prend sa source au Sud-Ouest de Saint Raphaël et rejoint la jalle de Castelnau au lieu-dit Le Battant.


La Louise prend sa source au Sud de la commune et rejoint la jalle de Castelnau vers Soussans.


Les Jalles se jettent dans l'estuaire et sont soumises aux marées jusqu'aux portes à flots où une écluse gère les fluctuations quotidiennes.




Les eaux de surface se présentent également sous la forme de nombreux points d'eau dispersés en mares et lagunes. Chacun collecte des eaux de ruissellement et constitue une réserve favorable à la vie animale mais peut aussi servir dans la lutte contre les incendies (DFCI).




La jalle de TIQUETORTE (juin 2006)


Nous allons vous présenter l’histoire de notre Jalle de Tiquetorte qui s’appelait autrefois Artiguetorte (la jalle torte en patois, la jalle tordue).

Les cahiers Médulliens* ont, sous l’excellente plume et grâce à un gros travail de recherche de M. André Guillocheau, consacré un recueil relatif à notre Jalle et à son histoire au travers des moulins qui la jalonnent. Il nous a permis de reprendre certains faits marquants de son livre et nous l’en remercions bien vivement.

Notre Médoc tire son nom de l’eau (pays entre deux eaux, l’océan et la Gironde). Il était, il y a des millénaires, un immense delta mais bien plus près de nous, les marais en comblement étaient partout sur notre lande.




La naissance de notre jalle se fait dans la lande médocaine, quelque part sur la commune de Sainte Hélène à la côte de 37 mètres. Elle est grossie par les eaux du Pas du Luc qui a lui-même reçu le ruisseau des Porcs. Puis, passant les biefs des premiers moulins en amont de Castelnau, elle reçoit le renfort du Dehes, à l’aval immédiat de cette même ville.





Jusque là, elle s’appelle Jalle de Castelnau mais devient à son entrée sur Avensan, jalle de Tiquetorte. Elle va passer le village de Barreau et successivement 4 moulins pour recevoir les eaux claires de l’Ayguebelle (en patois, l’eau belle).



Elle recevra, vers le moulin de Tiquetorte, le renfort des eaux de la Jalette, du Pont d’Eyssan, de Larrayaut, du Houguey et plus aval dans le marais elle se joindra au flux du Maucaillou (ou Cabaleyre), lui-même grossi par le Cenot.



Enfin, parvenue aux confins des marais elle verra arriver les eaux de la Louise et du ruisseau des Sables, avant de se jeter dans la Gironde sous l'appellation d'estey de Meyre.



Elle aura parcouru plus de 20 kilomètres, traversé landes et forêts, prairies et vignobles pour se prélasser dans son marais et sa végétation luxuriante. Sa mission accomplie, elle aura drainé plus de 16 500 hectares.
Son cours, qui débute à une altitude de 37 mètres, n’est plus qu’à 14 à l’aval de Castelnau et tombe à 7 au pont de Tiquetorte. Son débit et sa pente sont suffisants et ont permis au cours des siècles d’alimenter les nombreux moulins créés sur son cours.
Onze communes sont concernées par cette jalle et ses affluents et elles se sont réunies en 1997 pour mettre en commun leur savoir-faire et essayer de régler les principaux problèmes liés aux crues hivernales (Sainte-Hélène, Salaunes, Listrac, Moulis, Castelnau, Avensan, Arsac, Arcins, Soussans, Cantenac et Margaux).
La jalle et ses moulins ont une histoire indissociable et dans des temps très lointains, on retrace cette union qui a fait sa grandeur et sa décadence.

On trouve les premières traces en 1366 dans une reconnaissance de dette d’un bois à Campet envers le seigneur des lieux. Il s’agit sans doute du moulin de Campet.
En 1386, Archambaud de Grely, seigneur de Castelnau, autorise Raimon de Donissan seigneur de Citran « de prendre l’eau du moulin d’Artigue Torte (Tiquetorte) et de la conduire à Citran ». C’est donc à cette époque que ce que l’on croit être le vieux lit de la jalle a été dévié vers Citran. La jalle principale à cette époque se noyait dans le marais insalubre et le trop-plein se déversait en Gironde par le ruisseau du Pas de Meyre au lieu dit Le Pont Rouge.

En 1422, puis en 1564, 1602, 1674, 1697 et en 1716 différents textes en reconnaissance vers les seigneurs attestent la présence de moulins sur la jalle.
Ces jalles servent de voies de communication et font tourner des roues de moulins (céréales, mais aussi foulon ou étoffes).



Ces jalles sont déjà très négligées si l’on en croit l’intendant du roi Claude Bouchet qui s’inquiète de l’écoulement des eaux et met les propriétaires riverains sous ordonnance de les nettoyer.
De plus, les étoffes d’origine animale ou végétale sont lavées dans l’eau et ce travail pollue largement les eaux. En outre, certains navires transportent des étoffes contaminées par la morve et le bétail meurt en grand nombre de cette maladie hautement contagieuse(affection bactérienne éradiquée de nos jours, elle donnait des écoulements nasaux chez le cheval, d’où son nom).

« Nous ordonnons que notre dite Ordonnance sera exécutée selon la forme et la teneur et en conséquence, faisons très expresses et itératives défenses à tous les habitants des Paroisses de faire laver les laines grasses et faire tremper lins et chanvres dans les Jalles, Esteys, Ruisseaux, Fossez à peine de confiscation des laines et chanvres et de deux cens livres d’amende contre chaque contrevenant. Enjoignons aux habitants de faire tirer desdites Jalles, Esteys, ruisseaux lesdites Laines et Chanvres dans les trois jours de la publication.
Seront tenus les habitants dudit Païs du Médoc d’enterrer le bétail mort avec la peau dans des fosses de quatre pieds de profondeur, à peine de cent livres d’amende.
Faisons très expresse défense aux bouchers du Païs du Médoc de tuer ni débiter dans leurs Etaux ni ailleurs aucun bœuf ni vache, jusqu’au 15 septembre prochain.
A Bordeaux le quatorzième août 1725 ».

Les moulins en 1790



Il n’y a pas que les ruisseaux qui sont mal entretenus. La forêt est dans le même état et les rares chemins sont souvent impraticables. Nous sommes en 1736 et l’hiver est redoutable, à tel point que les eaux de la jalle emportent le pont en bois qui était le seul sur cet estey au Pont Rouge et qui servait de communication avec le nord Médoc. On le reconstruit pour 4 975 livres en faisant payer toutes les communes du nord médoc jusqu’au Verdon, mais pas celles du sud.

L’intendant Tourny, très impliqué dans la communication à l’époque, crée une « levée » dans le marais (base de la D2) facilitant grandement le trafic. Elle est souvent inondée mais facilite grandement les échanges.



Dès 1740, on pense qu’il faut créer un canal pour aménager la jalle ; il faciliterait l’évacuation des eaux et serait utile à la navigation.
L’argumentation se développe, le marais asséché ne serait plus nauséabond ni insalubre, les terres assainies pourraient être mises en culture, le sel du magasin général de Castelnau pourrait être transporté sur des barques, enfin nos « magnifiques forêts, remplies de bois pour la construction des navires » seraient plus accessibles et on gagnerait du temps.
La première opposition vient du procureur de la maitrise des eaux qui allègue que ce canal ne sera pas navigable car les fonds sont souvent à sec, que le marais est composé essentiellement de tourbe impropre à la culture. De plus, les vents d’ouest qui courent sur la lande couvrent les sols de sable et comblent les fossés.

La bataille s’installe et en 1754, on propose une enquête auprès de la population. On vote. Avensan n’est pas cité, Arcins et Castelnau sont pour. Soussans est contre et « Moulix » votera pour.
On dépêche l’ingénieur Brémontier et dans son rapport de 1778, ce dernier explique de façon claire la nécessité de drainer le marais, d’abord par souci économique mais il aborde aussi des considérations sanitaires.

« Les vapeurs infectes du marais ont des effets si prompts qu’on ne peut les respirer dans de certains temps quatre jours de suite, sans ressentir les sympthomes ou les avant coureurs d’une maladie prochaine. Chargé en 1774 de faire les projets de dessèchement de ceux d’Arcins et du Moron, de cinq personnes qui m’accompagnaient, deux tombèrent malades le quatrième jour et deux autres le cinquième. Il est vrai que pour parcourir ces marais, on est obligé de prendre le temps le plus dangereux celui où le soleil a pu avoir assez de force pour enlever par l’évaporation les eaux croupissantes qui en empêchaient l’accès. Alors les flashes qui restent et les fossés sont remplis de poissons, d’insectes, de grenouilles et de germes mourans ou pouris qui s’y étaient rassemblés, croyant y trouver un refuge, dont les exhalaisons fétides, jointes à celles d’une terre échauffée par le soleil et des plantes putréfiées, empoisonnent l’atmosphère ».

Description d'un moulin à eau



Vingt cinq ans plus tard aux portes de la révolution, rien n’est fait et la négligence s’installe partout. Cette succession de moulins entraine des conflits entre les différents propriétaires, certains étant tentés de retenir l’eau pour obtenir un débit régulier et les autres riverains laissant la végétation envahir les berges.
Mais il faudra attendre 1810/1820 après des tas de plaintes et de conflits pour que la jalle soit curée en partie. En 1814, neuf moulins fonctionnent sur la jalle entre Castelnau et Avensan.
A cette époque, la bagarre continue de plus belle, à tel point que les maires s’en mêlent. Celui de Castelnau est venu vérifier des ouvrages sur Avensan qu’il juge illégaux et ce à l’insu du maire de la commune. Il lève des hommes en armes et détruit certains ouvrages. Cela provient essentiellement du fait que certains moulins peu rentables dans le foulon de la laine (opération après les lavages et le cardage de la laine que l’on appelle le foulage d’où le nom de certains moulins appelés « foulons ») sont en reconversion pour moudre le grain.
On arrive à 1834 et c’est toujours le plus grand désordre, chacun continue à faire ce qu’il veut. Le climat devient conflictuel car chaque installations (usine) a besoin d’eau et rapporte pas mal d’argent.
Devant cette pagaille un espoir naît, les maires de toutes les communes se mettent d’accord en 1835. On va assécher le marais et pour cela un budget de 400 000 F est voté, mais hélas presque aussitôt le projet est abandonné.
Les maires continuent à discuter et décident d’un calendrier de travaux lourds. Premier accroc dans cet unisson, le maire de Castelnau attaque celui d’Avensan qui a fait curer une partie du Dehes au lieu de la jalle principale.

Dans tout cet imbroglio, personne ne s’est occupé des moulins et surtout de leurs normes. En 1846, onze moulins sont en activité : commune de Moulis (moulin de Gens et de Tiquetorte), commune de Castelnau (moulin de Duchamp, de l’Isle, de Larigaudière, de Sarnac), commune d’Avensan (moulin de Carbonnieux, du Sablonat, du Pont, de Lataste, de Citran). En 1853 les rapports sont accablants, il y a des travaux à faire sur chaque usine (moulin).
En 1860 l’ingénieur fait une contre visite et il constate que peu d’améliorations ont été faites.




Entre temps la commission syndicale du bassin inférieur de la jalle de castelnau est née en 1854. Elle va s’occuper des ruisseaux du marais et des carreyres (chemins de servitudes en terre). Il faut en définir le périmètre et ce travail est commencé. Il fait l’objet d’un rapport en 1858 qui prend en compte les terres inondées lors des fortes crues de 1843. En 1861, l’ingénieur général Barreyre et l’agent voyer Antoune dressent un inventaire qui provoque un tollé général tant le périmètre est important. L’administration se retire tout en conseillant au Préfet d’approuver mais de laisser à l’association des marais le soin d’appliquer le règlement.

Moulin du Château de Castelnau



L’inventaire a recensé 24 025 mètres de canaux principaux, 14 720 mètres de canaux secondaires et 14 415 mètres de carreyres, passes et chemins.

On répartit les terrains en 4 classes :
1° Les terres non submersibles par les eaux des landes 110 hectares
2° Les terres rarement submersibles 136 hectares
3° Les terres souvent sujettes à inondations 136 hectares
4° Les terrains plus concernés par l’entretien des voies et les travaux de drainage et le colmatage, soit 273 hectares

Certains propriétaires sont réticents et l’association recule et se contente de curer sans rien modifier.
Pourtant l’ingénieur insiste et dit qu’il est dommage qu’il n’y ait ni écluse ni portes-à-flots.

En 1869 la ligne de chemin de fer a fini de traverser le marais, mettant encore plus de désordre car les expropriations n’ont pas été faciles et les propriétaires se plaignent car les fossés ont été comblés, ou mal curés, et l’eau s’écoule difficilement. Un canal de dérivation a en outre été creusé à Castelnau et les eaux qui croupissent sont nauséabondes.

Moulin du Sablonat



Les années passent, on recense les fossés ayant un caractère public et on reparle des constructions, des clôtures, des plantations d’arbres qui sont illégales, trop près des ruisseaux.

On approche de 1890 et l’ingénieur reparle de la construction d’un pont avec portes-à-flots au Pont Rouge. Un projet établi par Monsieur Gautreau est soumis à l’enquête publique en 1892. Le syndicat emprunte 30 000 F pour construire un pont écluse au lieu-dit le Pont Rouge. On est en 1894.
Les réunions sont houleuses L’administration veut avoir une écluse qui permettra de modifier le régime d’écoulement des eaux selon les besoins de l’agriculture. Sur les 12 syndicats de marais le long de la Garonne entre Bordeaux et Pauillac, seul celui de la jalle de Castelnau n’est pas doté d’ouvrage de régulation.
De part ses statuts, le syndicat peut ne pas tenir compte de l’avis des propriétaires, mais il décide de faire voter tout les ayants droit.
Sur 680 propriétaires représentant une superficie de 657, 115 votent contre.
Ils ont largement perdu mais l’association voudrait une plus grande majorité, alors c’est le statu quo.

Les moulins s’arrêtent les uns après les autres et l’eau commence à croupir partout. La commission confirme le règlement pour l’utilisation des sols mais personne ne l’écoute et elle a recours au Préfet.

Moulin de Tiquetorte



La guerre de 14/18 est là et les moulins reprennent de l’activité car la France voit la farine et ses dérivés strictement encadrés et rationnés. La misère est à nos portes et les écoulements des biens de base très surveillés. Il faudra attendre le 1er juin 1919 pour que le pain revienne en vente libre.

Moulin de Sarnac



Entre les deux guerres on panse les plaies et les conflits renaissent.
A Castelnau une usine de produits chimiques de traitement des bois déverse dans la jalle. Malgré une enquête et les poissons morts, tout semble normal !!
En 1924, on recommence à s’intéresser au bassin de la jalle de Castelnau mais on manque cruellement de bras. Les prix demandés pour les travaux sont très élevés. La commission ne peut faire face. La vie devient très chère et on notera son évolution au travers du salaire du garde rivière qui passera de 2 209 F. en 1924 à 4 300 en 1926 puis à 5 616 en 1932, pour atteindre 6 624 F en 1937. La récession est passée par là.
Les appels d’offres donnent des résultats disparates pour les curages mais l’association a décidé de tout faire curer car la situation est intenable. Ce sera fait entre 1934 et 1939.
La deuxième guerre est là et on note toujours des problèmes divers mais surtout avec l’usine chimique de Castelnau qui fabrique de l’arséniate de chaux pour lutter contre les doryphores. L’enquête diligentée par le Préfet conclut une nouvelle fois qu’il n’y a pas de problème ni pour les ouvrières ni pour les riverains.

Moulin de Meyre




On note qu’en 1951 les portes-à-flots en bois sont en place. Comment ? Par qui ? Rien n’est noté. Les cotisations de l’association ont été fortement réévaluées passant à 10 F l’hectare pour les terres de qualité pour aller jusqu'à 40 F pour les terres inondées.

En 1952, le budget de l’Association est de 997 317 F et la cotisation à l’hectare de 400 F. Malgré tout, le budget ne sera pas équilibré et le conseiller général Dartigues est appelé à l’aide. Malheureusement, la situation économique n’est guère réjouissante.

En 1967 la commission syndicale appelle de ses vœux la création d’un syndicat intercommunal du bassin versant. Elle émet un avis favorable à cette constitution !! (Il faudra attendre 30 ans de plus avant sa naissance).

On demande déjà que les portes-à-flots en bois soient remplacés par des structures en fer. Puis on change d’avis, on va créer un ouvrage en prenant comme modèle celui qui est sur le pont de l’Archevêque à Beychevelle. L’entreprise Saint Martin de Listrac exécute les travaux pour 70 000 F. L’entrepreneur Sanz T.P. complète ce travail par l’aménagement des abords pour 63 000 F.

Portes à flots au lieu dit l'Estey du Tayac



Malgré ces progrès notables, il n’existe toujours pas de Bassin Versant. Pourtant aucune action ne peut être efficace si l’on ne contrôle pas le flux des eaux du fleuve. C’est simple, mais même à ce jour de 2006 où nous venons de connaître une forte crue, les gens oublient et on retombe dans les travers du passé.

Il faut attendre 1985 pour voir les prémices, les premières approches tentées par M. Claude Blanc, maire d’Avensan, tout frais élu de la commune. Les réponses sont positives sur les 11 communes, mais il faudra attendre 1995 et les inondations pour que les 11 communes (Sainte-Hélène, Salaunes, Moulis, Listrac, Castelnau, Avensan, Arsac, Margaux, Cantenac, Soussans, Arcins) se mettent d’accord pour constituer l’Association Syndicale du Bassin Versant de la Jalle de Castelnau. Dix ans ont passé mais c’est bien peu au regard des siècles qui ont défilé et des mille difficultés qu’ont endurés le marais et la jalle.

L’étude sous la direction de l’ingénieur Letouze de la D.D.A.F. et du cabinet Gerea aboutit et en 1997 le syndicat se transforme en syndicat de travaux et attaque sa première tranche de travaux lourds, les 11 communes ensemble, soit la totalité du Bassin Versant de la Jalle de Castelnau. Dès 1998 la deuxième tranche est attaquée et cet ensemble fortement subventionné va permettre de dégager la totalité de la jalle et des affluents, sous compétence de S.B.V.J.C. Pour soulager les parties habitables les plus exposées aux intempéries, une vanne de décharge est créée sur le dessableur de Tiquetorte.
Le coût total de ces travaux sera de 2 millions de francs.

Vanne de décharge de Tiquetorte



Ce travail à peine fini, survient la tempête de 1999 qui abat des centaines d’arbres dans les linéaires divers. De suite, nous intervenons et nous créons avec la D.D.A.F. et la Sous-préfecture les barèmes de base qui serviront à tous les bassins versants touchés pour percevoir les indemnités. Durant plus d’un mois, nous travaillons dans les pires conditions pour dégager les embâcles. Enfin, le travail se fait et les cours d’eau sont à nouveau libres.
Sortant de tout ce magma de problèmes, le S.B.V.J.C. est maintenant sur les rails et son président est appelé pour les deux études de base de la charte du PAYS MEDOC, celle sur la forêt et celle, générale, sur l’ensemble de l’hydraulique des bassins versants du Médoc. Dans cette étude, on s’aperçoit, que la jalle du Cartillon au Nord de notre bassin n’est pas prise dans les syndicats organisés.
Après quelques réunions tendues en Sous-préfecture où il a fallu entre autre régler la position du président à vie de l’association syndicale du bassin inférieur de la jalle, (ce qui n’a pas été simple du tout) on décide que le Cartillon sera rattaché à notre syndicat. Nous sommes donc 13 communes puisque Lamarque et Cussac Fort Médoc viennent nous retrouver.

Depuis 10 ans, l’ensemble des 100 km de jalles et de ruisseaux sous compétence est restauré et entretenu, ce qui n’empêchera jamais les crues décennales ou centennales de faire le gros dos et de causer des dégâts, si nous ne sommes pas vigilants et raisonnables. C’est la raison pour laquelle un P.P.R.I. (Plan de Prévention des Risques d’Inondation) a été créé sur la commune afin d’apporter une réponse à ceux qui voudraient trop vite oublier que l’eau doit passer en période de crue.
Aujourd’hui, demain et encore plus tard, tout est et sera toujours remis en question car entre les exigences de certains et la gestion globale de ce magnifique biotope, il est parfois difficile de trouver sa voie et de donner satisfaction à tous.
Le marais est classé dans NATURA 2000, ZNIEFF 3307 dite des Marais du Haut Médoc.
Des chemins de randonnées sont en cours de création et bientôt tous pourront s’y promener d’Ouest en Est.
Les travaux d’entretiens lourds sur la jalle, la restauration du Cartillon et le dessablage des marais sont autant de travaux en cours pour l’an 2006.

Vannage intermédiaire



Depuis l’année passée, notre syndicat s’est transformé en syndicat mixte puisque la C.d.C Médoc Estuaire a pris compétence sur l’environnement et l’hydraulique. C’est un ajustement administratif obligatoire mais qui ne change rien au fond. Les délégués syndicaux sont les mêmes; toujours 2 par commune.
Voilà l’histoire de notre jalle. Le S.M.B.V.J.C. continue sa route mais il connaîtra d’autres vicissitudes, d’autres avatars, car la culture de l’intérêt général est pour certains réduite à la portion congrue.
Reste que, comme on le dit : il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer car ne connaissant pas cette longue épopée, personne ne nous avait dit que c’était impossible à réaliser, alors nous l’avons fait.
L’eau coule, même si l’hiver qui se termine sous ces lignes vient de nous rappeler que le marais, les jalles et nos moulins sont fragiles. Elle coule car nous avons réussi tous ensemble et c’est bien là l’essentiel.


* Les Cahiers Médulliens Hôtel de Ville de Pauillac 33250 Pauillac
*La commission ou l’association du bassin inférieur de la jalle sont la même entité.



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