09 | 12 | 2020

Cérémonie du 5 décembre au monuments aux morts

Union Nationale des Combattants (lu par Jean-François BEGAINT)

Hommage aux morts de la guerre d’Algérie et des combattants du Maroc et de la Tunisie. Samedi  5 décembre 2020.

Cet hommage est différent de la Commémoration du 19 mars 1962.

En effet, il inclut tous les français morts pour la France dans les trois pays d’Afrique du Nord : Maroc, Tunisie, Algérie dans la période comprise entre 1952 et 1964.

Il ne fait pas de distinctions d’origines ou de religions : militaires d’active et du contingent, troupes coloniales, fonctionnaires et civils, métropolitains, pieds noirs ou harkis, chrétiens, juifs, musulmans, athées, etc…

Cet hommage n’oublie pas -en particulier- les morts et disparus, les anonymes victimes d’attentats, d’exactions, de vengeances, de représailles, de tortures, du simple fait qu’ils étaient français.

Cet hommage n’oublie pas tous ceux qui ont souffert dans leur cœur et dans leur chair, contraints de quitter l’Afrique du Nord, pour un exil définitif – en abandonnant leurs biens et leurs racines – et qui ont été obligés de reconstruire une vie dans France qui n’étaient pas prête à les accueillir.

Protégeons leur mémoire face aux exigences de repentance unilatérale venues de l’étranger pour les années de la présence française au Maghreb.

Soyons fiers d’eux et de l’héritage qu’ils ont laissé à ces trois pays, au moment de l’accession à leurs indépendances respectives.

Tournons-nous vers l’avenir.

Œuvrons ensemble, pour établir des relations mémorielles et interétatiques apaisées -en particulier avec l’Algérie – basées sur le respect mutuel, une approche décomplexée de nos histoires communes et une coopération fructueuse dans tous les domaines.

Sachons enterrer la guerre des mémoires dans la sérénité et dans la dignité.

Soyons fiers de tous ces morts pour la FRANCE, que nous honorons aujourd’hui.

 

Lu par Monsieur le Maire Patrick BAUDIN

Geneviève DARRIEUSSECQ, Ministre Déléguée auprès des de la Ministre des Armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants

 

En cette Journée Nationale, la République renouvelle solennellement son hommage aux « morts pour la France » de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie.  La Nation se souvient de toutes les victimes, civile comme militaires de ce conflit qui brisa tant de destins et généra tant de violences.

Il y a 60 ans, une guerre, longtemps niée, entrait dans sa septième année Des soldats de métiers, des centaines de milliers de jeunes hommes appelés ou rappelés sous les drapeaux et des membres des forces supplétives combattaient pour la France sur le territoire algérien.

De  1952 à 1962, en Algérie, au Maroc et en Tunisie, près de deux millions d’hommes  ont servi nos armes. 70 000 ont été blessés, plus de 25 000 sont tombés pour la France, Hier, ils ont combattu avec dévouement pour nos couleurs, aujourd’hui, ils reposent dans la mémoire nationale.

C’est à toute cette génération, celle qui eu « 20 ans dans les Aurès » qui nous consacrons cette journée. A ceux qui y trouvèrent la mort, à ceux qui en revinrent, y ont souffert et en souffrent encore, marqués dans leur chair comme dans leur esprit. Le souvenir de ces mois de service et de guerre est toujours vivace chez nombre d’anciens combattants.

Dans son hommage et dans reconnaissance de la douleur, la France n’oublie ni les tourments des civils, ni les rapatriés qui ont abandonné un pays qui était le leur, qui était celui de leur cœur et de leurs ancêtres. Elle sait à quel point les exactions commises à leur encontre, au printemps et à l’été 1962 notamment, puis le déracinement constituent encore des plaies vivaces.

Elle sait également le sort des anciens harkis et de leurs  familles qui ont subi de terribles représailles ou qui ont été contraints de quitter leur terre natale. Elle pense aussi à ces hommes et à ces femmes, civils et militaires, dont la trace a été perdue.

Les armes se sont tues depuis 58 ans. Cette période occupe dans notre histoire et dons notre mémoire national une place toute particulière. L’histoire de la guerre d’Algérie est celle d’une déchirure, d’une blessure non-cicatrisée, de drames familiaux, personnels et même intimes, d’un enchevêtrement de destins bousculés parfois brisés.

Parce que cette histoire est complexe, sa mémoire est plurielle. Parce que cette histoire est la nôtre, il est nécessaire de continuer son enseignement et de permettre sa juste compréhension. Parce que ces mémoires sont essentielles pour la construction de nos identités et pour notre cohésion nationale, sa transmission aux jeunes générations doit se poursuivre de manière apaisée.

Se souvenir, témoigner, raconter, expliquer, partager, en sont les maîtres mots. C’est aussi ce que nous faisons, en cette journée nationale.

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